Archives mars 2018

Généalogie divinatoire

LA GÉNÉALOGIE DE LA DIVINATION
Aujourd’hui on éprouve une sorte d’engouement pour la généalogie, on recherche ses ancêtres, on essaie de reconstituer son arbre généalogique, de retrouver la trace de ses ascendants. Une fois l’arbre généalogique établi, on peut en général compter parmi ses aïeux des saints et des pécheurs, des bons et des méchants, des êtres intelligents et des sots, etc. Cependant la plupart de nos ancêtres se situent entre ces deux extrêmes. La « généalogie » de la divination présente une mosaïque comparable. Elle a compté des hommes et des femmes d’une très grande intelligence et d’une moralité irréprochable comme Nostradamus, aussi bien que des personnages troubles comme le voyant élisabéthain Simon Forman. Mais la plupart des devins se situent aussi entre les deux extrêmes.

Le 1″ septembre 1939, les forces allemandes entraient en Pologne et entamaient une guerre éclair (blitzkrieg) contre l’un des seuls États d’Europe de l’Est à avoir refusé de céder aux menaces nazies. Deux jours plus tard la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l’Allemagne en accord avec les garanties qu’elles avaient données au Colonel Beck, ministre polonais des Affaires étrangères. La Deuxième Guerre mondiale avait commencé. En dépit d’une résistance héroïque (la cavalerie chargea les formations blindées allemandes), la Pologne, frappée dans le dos par une invasion de l’Union soviétique, se retrouva en quelques semaines sous une occupation étrangère brutale. Au moment où les Allemands arrivaient devant Varsovie, Magda Goebbels, l’épouse fanatique du ministre de la propagande d’Hitler, lisait dans son lit un livre de H. H. Kritzinger, Les Mystères du Soleil et de l’Aine, publié en 1922. Soudain Frau Goebbels cria d’excitation, réveillant ainsi son mari. La « crise de 1939 » avait été clairement annoncée par Kritzinger, dans ce livre publié dix-sept années plus tôt, dit-elle. En réalité Kritzinger n’était pas un prophète ; il se contentait en fait de donner un compte rendu de certaines interprétations d’un mystérieux quatrain écrit quelque quatre cents ans auparavant par Michel de Nostre-Dame, plus connu sous le nom de Nostradamus, médecin, astrologue et voyant français.

Le quatrain en question, imprimé pour la première fois en 1555 dit ceci :

Sept fois changez verrez gent Brittanique,

Taintz en sang en deux cents nonante an :

Franche non point par appuy Germanique,

Aries doubte son Pole Bastarnan

Les quatrains de Nostradamus sont écrits en un mélange d’ancien français, de latin, de mots de sa propre invention et d’anagrammes comme, par exemple, Rapis pour Paris. Ce quatrain-ci est pourtant assez compréhensible. Au 18ème siècle en Angleterre, un étudiant de l’oeuvre de Nostradamus publia la suggestion suivante : la période de 290 ans devrait être datée de l’exécution de Charles 10 en 1649, d’où il découlait qu’un événement de très grande importance pour la Grande-Bretagne aurait lieu en 1939. Environ un siècle plus tard, l’écrivain français Nicoullaud arriva à une conclusion similaire : l’année 1939, dit-il, serait ensanglantée, taintz en sang. Il est exact que 1939 fut une année sanglante, mais on pourrait dire la même chose d’un grand nombre d’autres années entre la publication du quatrain de Nostradamus et la date à laquelle Frau Goebbels en découvrit l’existence grâce au livre de Kritzinger.

Ce qui enthousiasma l’hystérique Magda Goebbels était que ce livre, écrit si longtemps auparavant, annonçait précisément que l’année 1939 serait sanglante à la suite d’une crise internationale impliquant la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Pologne. L’Allemagne et la Grande-Bretagne sont, bien sûr, spécifiquement mentionnées dans le quatrain, mais pas la Pologne (pole signifierait « vas-sal » ou « protectorat »). En fait, Kritzinger se contentait de répéter une suggestion faite en 1921 par le voyant Loog. D’après ce dernier, les Bastarnae auraient été une tribu qui, à l’époque romaine habitait la région connue à présent sous le nom de Pologne, par « Bastarnan ».

Nostradamus se référait donc à l’État polonais. Loog se montra très précis quant aux prédictions de Nostradamus. Il écrivit : « Nostradamus a clairement indiqué que 1939 verra un état critique des affaires de la Pologne nouvelle, et parallèlement une dernière crise des plus graves en Grande-Bretagne. » Goebbels fut tellement impressionné par l’étonnante précision de l’annonce du début des hostilités en 1939 par Nostradamus qu’il ordonna une recherche des quatrains pouvant servir la propagande nazie. Cette recherche fut si peu concluante que Goebbels en fut réduit à les inventer ; ces faux quatrains furent lâchés par avion sur la France au début de l’été 1940. La prophétie mentionnée ci-des-sus pouvait bien sûr n’être qu’un « coup de chance » de Nostradamus… et de son interprète Herr Loog.

Il serait pourtant difficile d’en dire autant pour le quatrain contenant le nom de Varennes. Cette banale petite ville ne fut qu’une fois et une seule le siège d’un événement de portée historique réelle.

De nuit viendra par la forest de Reines,

Deux pars vaultorte Herne la pierre blanche,

Le moine noir en gris dedans Varennes,

Esleu cap, cause tempeste feu, sang tranche

Nous avons ici des anagrammes : noir désigne le roi, tandis que Herne serait une anagramme incomplète de « reine ». De nuit, la précision est exacte. Les deux pars personnifient le couple royal, capturé au bout de la voltorte, la voie torte, ou déformée.

Arrestation qui provoquera tempête, feu et guillotine. Le seul fait historique d’importance significative ayant eu lieu à Varennes fut la capture de Louis XVI et de Marie-Antoinette alors qu’ils tentaient de fuir sous des déguisements de gens du commun. Le roi, le Capet choisi (esleu cap), était vêtu de gris ; la capture du couple royal fut suivie des événements révolutionnaires que l’on sait. Bien d’autres prophéties de Nostradamus semblent s’être réalisées, mais pas toutes, loin de là. Certaines se réaliseront peut-être plus tard. D’autres se sont révélées inexactes. Ainsi par exemple, Nostradamus s’est trompé sur la date de sa mort, il l’avait prédite pour novembre 1567, et en fait il est mort seize mois plus tôt, en juillet 1566. Néanmoins on comptera plus de centuries prophétiques totalement ou partiellement vérifiées que l’on ne peut raisonnablement en imputer au hasard. Comment Nostradamus est-il parvenu à ce résultat ? Était-ce par exemple au moyen de l’astrologie, science occulte dans laquelle il excellait ?

On peut affirmer avec certitude qu’il n’en fut pas entièrement ainsi, aucune technique astrologique ne permet de déterminer un nom de lieu (comme Varennes) d’après le mouvement du soleil, de la lune et des planètes. Il est presque certain que les prédictions exprimées par Nostradamus en des versets obscurs et des mots souvent barbares étaient le résultat d’une observation dans une boule de cristal. La voyance a été définie par l’un de ses adeptes comme une méthode de libération de l’esprit du corps où il est enfermé, pour le laisser errer à sa guise dans l’espace et le temps, lui permettant ainsi de voir l’avenir.

On parviendrait à cette libération de l’esprit hors de son enveloppe physique, que l’on appelle aussi « la dissociation de la conscience », par différentes méthodes dont la plus connue est sans doute la cristallomancie. Il existe des variantes de la boule de cristal : le gobelet ou le bol d’eau (voir pages 71-74). On a des raisons de penser que Nostradamus utilisait ces techniques.


Les lignes de la main

Les lignes de la main parlons en ?

Les lignes de la main, les symboles ésotériques et mystérieux du tarot, l’alphabet runique des anciens Vikings, sont quelques-uns des moyens utilisés par les devins et voyants pour tenter de percer les voiles de l’espace et du temps. Ceux qui apprennent à « lire » les caractères et à prédire l’avenir à l’aide de ces pratiques de divination utilisent des méthodes anciennes dont l’origine remonte à l’aube de l’humanité et qui, dans notre siècle, ont attiré l’attention d’écrivains, de philosophes et de psychologues comme Robert Graves, D.H. Lawrence, P.D. Ouspensky et C.G. Jung.

Depuis les temps préhistoriques les hommes s’interrogent sur les mouvements des différents éléments du système solaire. On pense que Stonehenge et d’autres alignements mégalithiques semblables furent des observatoires lunaires remarquablement élaborés.

Si, à l’occasion d’une réunion ami-cale, le bruit court que l’une des personnes présentes sait lire les lignes de la main, tirer les cartes, prédire l’avenir grâce au tarot ou établir un thème astral, elle sera bientôt submergée de demandes de ce genre : « Pourriez-vous me lire les lignes de la main ? » ou « Aimeriez-vous prendre un verre chez nous et apporter votre jeu de tarot ? » Il est étrange de constater que malgré la popularité des gens censés savoir prédire l’avenir, rares sont les personnes qui croient en l’art de la divination, du moins le semble-t-il d’après les réponses que la plupart d’entre elles donnent lorsqu’on leur pose cette question. Paradoxale-ment, il apparaîtrait qu’une majorité de gens ne croient pas à la divination mais soient vraiment désireux qu’on leur prédise l’avenir ! Cela rappelle la réponse donnée par un écrivain du 20eme siècle à qui l’on demandait s’il croyait aux fantômes. « Non, dit-il, mais j’en ai peur. » Autrement dit, la plupart de nos contemporains déclarent être sceptiques sur le plan intellectuel, mais ressentent fortement et de manière instinctive qu’il « pourrait y avoir quelque chose là-dedans, » tout en craignant de l’avouer. Il n’existe en fait aucune raison totalement valable de penser que la divination ne mérite pas d’être prise au sérieux.

Les personnes qui y croient sont en bonne compagnie : pendant des milliers d’années ceux qui ont pratiqué les arts divinatoires, de l’astrologie à la boule de cristal, ont été payés de gratitude par ceux à qui ils prodiguaient leurs conseils. Parmi ceux-ci l’on compte des empereurs, des rois, de grands capitaines et, à l’autre bout de l’échelle sociale, de pauvres paysans qui cherchaient l’aide du voyant local ou de la sorcière (en d’autres termes d’un individu maîtrisant l’une des techniques de la divination), pour retrouver une vache égarée ou un bien volé. On a parfois présumé que les prétendus sorciers et autres voyants de la campagne étaient des charlatans ou des escrocs n’annonçant à leurs clients que ce qu’ils avaient envie d’entendre. Cela se révéla sans aucun doute vrai pour certains mais pas pour tous, loin de là. Certains devins ont laissé des traces manuscrites de leurs relations avec leurs « clients », documents qui montrent de façon très probante que non seulement ils croyaient en leur pouvoir de prédire l’avenir, mais qu’ils étaient également des experts en leur matière.


Stonehenge en savoir plus ?

L’origine et la signification de Stonehenge, le plus grand site mégalithique de Grande-Bretagne, demeurent un sujet de spéculation depuis un millier d’années.

L’historien médiéval Geoffroy de Monmouth affirmait que les roches avaient été apportées d’Irlande par Merlin, l’enchanteur de la cour du roi Arthur. L’architecte du 18 ème siècle, Inigo Jones, croyait que les Romains avaient construit Stonehenge « à la toscane », tandis que John Aubrey, auteur du charmant livre Vies brèves, penchait plutôt pour la thèse d’un temple de druides, prêtres et mages de la Bretagne celte. Cette dernière opinion prévalut jusqu’au-delà du milieu du 18ème. siècle. Deux pierres couchées furent qualifiées d’autel et de pierre du sacrifice : on pensait que les druides y avaient pratiqué des sacrifices humains. En fait, Stonehenge avait déjà mille ans lorsque les premiers druides arrivèrent dans l’actuelle Grande-Bretagne, il est donc probable que le site mégalithique leur parut aussi mystérieux pour eux que pour nous. Théories modernes

Au début du 20ème siècle, la plupart des chercheurs et archéologues convenaient que les parties les plus anciennes de Stonehenge dataient de 2000 avant J.-C. et que même son élément le plus « moderne », le cercle extérieur, avait été érigé vers 1000 avant J.-C. La tendance actuelle est de dater l’achèvement de Stonehenge encore plus tôt : aux environs de 1400 avant J.-C. Mais quel était le rôle de Stonehenge ? Était-ce un temple, un lieu de rencontre pour des chefs de guerre, un observatoire ? Probablement les trois, mais tandis que la polémique continue, un nombre croissant d’érudits pense que ce monument préhistorique avait au moins quelques fonctions astronomiques, en rapport peut-être avec la prédiction des éclipses. Un observatoire lunaire Les alignements de Stonehenge furent remarqués pour la première fois avant la guerre de 1914-1918 par l’astronome Sir Joseph Norman Lockyer (1836-1920). A l’époque où Lockyer avança ses arguments, peu d’archéologues les prirent au sérieux : ils respectaient la réputation de Lockyer en tant que scientifique mais le trouvaient incompétent dans des domaines hors de sa spécialité et, au bout de quelques an-nées. la théorie de Lockyer tomba dans l’oubli.

Cependant, dans les années 1960, cette théorie fut reprise et révisée par des érudits tels que les professeurs Hawkins, Hoyle et Thom, qui pensaient tous avoir fourni des preuves solides pour l’existence d’alignements astronomiques significatifs à partir de la position des mégalithes de Stonehenge et des « mouvements » du soleil, de la lune et des planètes par rapport à la terre.

Les arguments avancés par ces hommes étaient loin de concorder entre eux, et sont toujours sujets à de nombreuses controverses. Il semble cependant bien que la théorie avancée par le professeur Thom soit très convaincante, et un nombre d’archéologues professionnels l’acceptent maintenant : selon lui, Stonehenge et bien d’autres alignements mégalithiques auraient été érigées dans le but d’établir des observations précises de la Lune. S’il en est ainsi, on peut considérer les bâtisseurs de Stonehenge comme faisant partie des premiers astrologues et astronomes.

 


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